InterviewDirty Projectors

Il aura fallu attendre 15 ans d’existence et 8 albums (dont le dernier en date, Lamp Lit Prose, sorti cet été chez Domino Records) pour enfin voir Dirty Projectors en concert à Rock en Seine ! Il faut dire que Dave Longstreth, tête pensante du groupe , était bien occupé ces dernières années entre sa rupture avec son ancienne collaboratrice et ses escapades de producteur (Rihanna/Kanye West/Paul McCartney, Solange, Bombino...).

Après avoir réinventé Dirty Projectors en 2017, l’artiste américain a prolongé cette renaissance en s’entourant d’une nouvelle formation live, toujours aussi séduisante (sacré Dave!) et c’est donc ce nouveau groupe qui s’est présenté sur la scène de la Cascade au premier jour du festival. Si une grande partie du set a été consacrée au dernier album et ses pépites pop entraînantes (That’s a Lifestyle, Right Now, Break-Thru), les six musiciens ont tout de même interprété quelques « anciens » titres (Impregnable Question, Dance For You) pour le plus grand bonheur des fans de longue date.

Peu de temps après son set, c’est à l’espace presse que j’ai retrouvé Dave Longstreth pour une courte mais fort sympathique interview !

 

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© Olivier Hoffschir

Sauf erreur de ma part, c’est la seconde fois que Dirty Projectors se produit dans un festival en France après les Nuits de Fourvière en 2010 et votre dernier concert sur Paris date d’il y a 6 ans. Vous devez revenir plus souvent !

Je crois que tu as tout à fait raison !

Comment s’est passé le concert aujourd’hui ?

Très bien! J’avais un peu mal à la gorge, je crois que je couve un truc donc c’était parfois un peu difficile mais j’adore jouer avec mon groupe.

Peux-tu nous les présenter d’ailleurs ?

Bien sûr ! Il y a Kristin Slipp qui joue du Rhodes, du Wurlitzer et chante, c’est une soprano. Felicia Douglass est une alto et elle est au clavier. Le registre de Maia Friedman est à mi-chemin de celui de Kristin et Felicia et elle joue de la guitare. Enfin, il y a Nat Baldwin à la basse et Mike Johnson à la batterie.

 

Il serait faux de dire que nous n’avons pas eu de tes nouvelles dans les 5 ans qui ont séparé Swing Lo Magellan et Dirty Projectors puisque tu as continué à faire de la musique mais pour d’autres artistes. Ça fait quoi d’écrire et composer pour d’autres que soi ?

C’est génial, j’adore ! Tu sais, après Swing Lo Magellan j’avais envie de changement et j’ai trouvé ça passionnant de mettre un peu de côté Dirty Projectors et de travailler avec d’autres artistes. On envisage les choses différemment et c’était une expérience incroyable.

 

Ton nouvel album, Lamp Lit Prose, est sorti cet été et l’adjectif “optimiste” semble parfaitement le qualifier.

Je présume, c’est tout du moins ce que tout le monde dit.

As-tu toujours été un optimiste ?  

Je ne sais pas… Je pense qu’il y a eu des périodes de ma vie où j’étais loin d’être optimiste mais c’est en effet l’état d’esprit de cet album.

 

Tu as dit que tu avais appris à jouer d’un nouvel instrument pour cet album, ta propre voix. Cela fait plus de 15 ans que tu fais de la musique, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour explorer cette voix ?

Je pense que mon univers musical à la base, le DIY, met l’accent sur l’authenticité d’une performance et il me semblait donc que ce n’était pas cohérent de vouloir à tout prix maîtriser ma voix et chanter correctement. Il n’y a pas de mode d’emploi et je continue à penser que cette authenticité est importante mais j’a aussi l’impression que certaines mélodies pouvaient être l’occasion de me familiariser avec certaines techniques vocales.

 

Plusieurs artistes ont collaboré à cet album. Avais-tu leur voix en tête lors de l’écriture de l’album ou bien est-ce venu plus tard ?

Dès le début ! Dès que j’ai commencé à penser à m’entourer d’autres artistes, j’ai tout de suite eu certaines voix en tête et je leur ai donc demandé de me rejoinder un par un. Je suis honoré qu’ils aient tous accepté.

On a l’habitude d’entendre ta voix associée à des voix féminines, c’est pourquoi You’re The One interprété avec Rostam et Robin Pecknold (Fleet Foxes) semble assez inhabituel.

On a placé les harmonies un plus bas et c’était vraiment cool de chanter avec des potes.

 

On m’a dit plusieurs fois en interview qu’il était facile de faire de la musique à Los Angeles, qu’il y avait une vraie dynamique. Est-ce aussi ton point de vue ?   

Hum… Il y a toujours des communautés qui se forment, se séparent et se déplacent ailleurs. Ce qui est vrai en revanche, c’est que j’ai l’impression que pas mal d’artistes sont partis pour L.A dernièrement.

As-tu eu le temps de voir des concerts aujourd’hui ?

Pas encore mais j’aimerais bien voir Nick Murphy.

 

Puisque nous sommes sur un festival, quel est ton meilleur souvenir que ce soit en tant qu’artiste ou festivalier ?

Oh… c’est un souvenir très récent.  Nous avons joué au Festival Green Man la semaine dernière et c’était vraiment une expérience incroyable d’être au Pays de Galles et de se produire devant un public si cool. C’était génial !

 

Je te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles que tu devras compléter avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … world peace. – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… la paix dans le monde.

When I find myself in times of trouble … I reach out. – Quand je suis dans une mauvaise passe… je tends les bras.

if you wanna be my lover you gotta … be true to yourself. – Si tu veux sortir avec moi tu dois…être toi-même.

I’m up all night to … hang out and watch The Crown. – Je reste éveillé toute la nuit pour…trainer et regarder The Crown

I can’t live if living is without … coffee.  Je ne peux pas vivre sans… café.

I see no changes, wake up in the morning and I ask myself… “Is this real?”  Je vois aucun changement, je me lève le matin et je me demande… « Est-ce que je ne rêve pas ? »

You gotta fight for your right to … yeah!  Tu dois te battre pour ton droit…yeah !

Sophie

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