InterviewGold Star

Voilà déjà plusieurs années que Marlon Rabenreither traîne sa guitare et sa silhouette longiligne de scène en scène, se faisant connaître dès 2010 avec son groupe The Sister Ruby Band, avant de se lancer en solo en 2013 sous le nom de Gold Star.

A l’aube de ses 30 ans, c’est avec Uppers & Downers sorti vendredi 07/09 que le chanteur californien est de retour cette année. Faisant suite à Dark Days (2015) et Big Blue (2017), ce nouvel album conçu à la manière d’un collage nous présente une nouvelle facette de l’artiste qui alterne chansons dynamiques (Uppers) et ballades nostalgiques (Downers).

Nous avons profité de sa venue promo au début de l’été pour en savoir plus sur la conception de cet album qu’il viendra d’ailleurs présenter fin octobre à l’Avant-Garde du Pitchfork Music Festival.

 

Click here for the English version.

 

Nous sommes à l’Hôtel Grand Amour, ce qui est un joli clin d’oeil à ton nom sur twitter, GoldstarLovesU !

(rires) Oui, c’est tout à fait approprié ! Un ami me l’a recommandé.

Que représente Paris pour toi ?

C’est une question intéressante car je ne peux pas y répondre ! (rires) Je n’y ai jamais passé assez de temps pour pouvoir m’en faire une idée mais j’aimerais beaucoup connaître cette ville. Je reviens en octobre, j’espère que j’aurai plus de temps pour en profiter !

 

Uppers & Downers sortira en septembre. C’est ton troisième album en solo sous le nom de Gold Star mais tu as commencé à faire de la musique il y a déjà quelques années avec le groupe The Sister Ruby Band. Morrisey a dit « Je n’avais jamais pensé avoir une carrière en solo. A présent, je ne pourrais pas imaginer appartenir à un groupe ». As-tu la même impression ?

C’est plutôt juste. Dans son cas, il avait The Smiths et ça marchait très bien pour eux. Ça devient difficile de maintenir ce genre de cohésion avec le temps. Avoir un groupe uni relève presque de l’impossible, c’est vraiment rare que la magie opère pour toujours, comme les Rolling Stones. Il y a forcément quelques exceptions mais en général cela ne dure qu’un temps. Quand tu es seul c’est génial car tu as peut-être plus de liberté. Tu peux faire des erreurs et tenter des choses avec moins de pression sur les épaules.

 

En parlant de pression, tu as dit que cet album avait été un challenge pour plusieurs raisons. Tu as d’abord fait le choix d’explorer une toute nouvelle direction.

Oui, c’était important pour moi d’essayer de nouvelles choses et de développer mon écriture, d’envisager les choses différemment. L’album précèdent était très homogène en termes de son, nous l’avions enregistré à quatre, dans une pièce d’une maison. J’ai passé plus de temps en studio pour Uppers & Downers et il y a des chansons plus dynamiques pour essayer de matérialiser ces hauts et bas et les sentiments qui vont avec. J’avais besoin de prendre un nouveau départ par rapport à ce que je faisais avant.

Tu avais donc envie de prendre plus de risques.

Oui même si au final toute création est une prise de risques. La musique est sacrée lorsqu’elle est faite en toute honnêteté, en baissant sa garde. C’est une bonne chose de ne pas se sentir en sécurité.

 

Le second challenge a été de travailler en studio puisque tu as décidé d’enregistrer cet album aux légendaires Valentine Studios [Frank Zappa, The Beach Boys].

J’avais envie d’enregistrer un album comme cela se faisait avant, sans bidouiller des trucs sur un ordinateur. C’est ce qu’ont fait les Beach Boys dans ce studio dans les années 60. On ne peut pas se permettre de faire beaucoup de coupes donc soit on arrive à enregistrer d’un coup, soit c’est raté. C’est finalement une pression bénéfique car cela nous obliger à aller vers l’essentiel.

 

Tu as dit que ton album précèdent était assez simple avec une seule ambiance tandis que le nouveau ressemblait plus à un collage. Est-ce plus difficile d’obtenir un son unique et homogène ou bien de rassembler différentes ambiances ?

Les deux choses sont difficiles. Ce n’est pas facile d’avoir une continuité tout en gardant l’album intéressant et c’est tout aussi dur d’avoir des grands changements de rythme ou des arrangement différents. C’est quelque chose que je voulais explorer en studio, c’est cette partie expérimentation que j’adore dans la musique.

Je présume que ce collage n’est pas fait au hasard. Comment as-tu choisi l’ordre des titres ?

L’enchaînement n’est jamais à prendre à la légère et cela se retrouve à l’écoute d’un album. Les gens n’y pensent pas forcément mais selon leur ordre, les chansons ont un tout autre sens. C’était un autre challenge mais c’était aussi marrant d’essayer différentes possibilités. J’avais pensé rassembler toutes les chansons rapides ensemble mais il n’y avait aucune progression.

 

Tu as travaillé avec le producteur canadien Nicolas Jodoin pour cet album. Ce n’est toutefois pas la première fois que vous travaillez ensemble, n’est-ce pas ?

Nous avions déjà bossé ensemble mais les circonstances étaient différentes, il n’avait pas encore les studios Valentine. J’ai consolidé mon écriture depuis et lui aussi a progressé en production donc c’est encore mieux à présent. Au début, j’avais pensé concevoir cet album comme un vrai collage, un peu comme Kanye West, en travaillant avec différents producteurs et collaborateur mais c’était un vrai cauchemar à mettre en place.

Parlons un peu de Los Angeles. Tu es né en Autriche, tu as vécu à Londres, à New York et à présent L.A. En quoi cette ville est-elle si spéciale et de quelle façon influence-t-elle ton écriture ?

Los Angeles est actuellement le meilleur endroit pour jouer du rock ’n’ roll. Il y a une énergie que l’on ne retrouve pas à NY. Il y a un truc qui se passe, je ne saurais pas dire quoi et je pense que personne ne le sait vraiment mais il y a un truc et c’est incroyable.

C’est une description très positive de L.A mais je présume que cette ville a aussi ses cotés sombres.  Qu’est-ce qui te déprime à L.A?

Los Angeles est une ville étrange car elle représente vraiment ce que les gens lui reprochent, son côté superficiel, vide et faux mais la ville ne s’en cache pas. Cela peut parfois être décourageant.

 

Tu n’as pas encore 30 ans et pourtant ta musique a un côté intemporel. Est-ce que tu te considères comme une vieille âme ?

Heu… non! (rires) En revanche, c’est vrai que j’ai toujours été attiré par la musique des années 60 ou 70. C’est une période qui m’a toujours inspiré.

Je l’avais déjà plus ou moins compris, ton nom de scène est une référence au studio de Phil Spector. Tu l’as d’ailleurs choisi car tu disais que ton vrai nom est trop difficile à prononcer.

Rabenreither n’est pas ce qu’il y a de plus facile ! (rires) Quand ma mère est arrivée aux Etats-Unis, elle a commencé à travailler comme styliste et son agence a changé son nom en Sylvia Ryder car Winona Ryder était la star de l’époque.

Hamilton Leithauser utilise pourtant son vrai nom !

J’avoue que son nom est pas mal aussi mais il était déjà dans un groupe connu. Si tu commences à faire de la musique et que les gens n’arrivent pas à se rappeler ton nom, ça peut poser problème !

 

Je te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles que tu devras compléter avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … freedom, for everyone. – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… la liberté, pour tous.

When I find myself in times of trouble … I listen to the Beatles! – Quand je suis dans une mauvaise passe… j’écoute les Beatles.

if you wanna be my lover you gotta … have bangs! – Si tu veux sortir avec moi tu dois…avoir une frange !

I’m up all night to … see the morning. – Je reste éveillé toute la nuit pour…voir le matin.

I can’t live if living is without … music, without rock ’n’ roll.  Je ne peux pas vivre sans… musique, sans rock ‘n’ roll.

I see no changes, wake up in the morning and I ask myself… just that, no more!  Je vois aucun changement, je me lève le matin et je me demande… il n’y a rien à rajouter, tout est dit!

You gotta fight for your right to … keep fighting!  Tu dois te battre pour ton droit…à te battre.

Sophie

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