InterviewRhye

Rencontre en ce début de semaine avec Mike Milosh qui, de passage sur Paris, nous a parlé de Blood, le second album de Rhye sorti il y a une semaine chez Caroline International/Loma Vista Recordings.

Cinq ans après l’ode à l’amour Woman et diverses aventures musicales seul ou accompagné (Bonobo, J.Views) le chanteur canadien est de retour avec un nouvel opus interprété d’une voix toujours aussi divine et affirme enfin pleinement sa position de seul maître à bord.

Click here for the English version.

 

MILOSH

Nous nous sommes déjà rencontrés il y a deux ans pour parler de Woman dont l’idée centrale était que l’amour est éphémère. Peut-on dire d’une certaine manière que Blood, ton nouvel album, est une autre preuve de ce caractère changeant ?

Oui, tout à fait. Je suis d’accord avec cette idée.

 

En parlant de changements, tu es à présent officiellement seul aux commandes de Rhye. J’ai cru comprendre que c’était en fait le cas depuis longtemps.

J’ai toujours été seul aux commandes d’une certaine manière, je n’aime juste pas le dire de cette manière car ça fait très narcissique. Je préfère dire que je me suis entouré de différentes personnes qui m’ont aidées à réaliser ce projet.

 

Tu as conçu cet album en ayant les concerts précédents à l’esprit et probablement ceux à venir. Les maîtres-mots étaient moins de contrôle, plus de spontanéité… C’est un peu une histoire d’amour au final, apprendre des relations précédentes et se laisser porter ensuite sans trop réfléchir. 

Oui, je pense que chaque album est une histoire d’amour d’une certaine façon. Il y a eu beaucoup de changements émotionnels entre ces deux albums qui ont contribué justement à cette idée d’abandon, de renaissance et d’émergence.

 

Tu as enregistré Blood avec tes musiciens live mais également d’autres artistes tels que Thomas Bartlett ou King Henry.

Oui, Thomas Bartlett ne fait pas partie de mon groupe mais il joue du piano sur plusieurs titres et j’ai travaillé avec King Henry sur la chanson Taste.

Vous aviez d’ailleurs déjà collaboré ensemble sur son dernier EP sur le titre Moment. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

On se connait par l’intermédiaire de nos managers car nous travaillons avec les mêmes équipes. Je suis aussi proche de Wes [Diplo] qui travaille avec King Henry. Ma copine est hyper pote avec Wes également donc c’est un petit monde!

 

Tu as dû acheter l’option sur ce second album pour être libre de toute contrainte. C’est donc vrai que la liberté a un prix !

Oui et son prix est assez énorme ! C’était beaucoup d’argent mais j’étais obligé de le faire. Le label sur lequel j’étais signé avait cette option sur un second album et ils ne voulaient littéralement rien en faire. Ils disaient qu’ils pouvaient garder l’option pendant 10 ans s’ils le souhaitaient mais au final c’était évident qu’ils voulaient juste gagner de l’argent dessus. A vrai dire, c’est illégal de garder une option donc j’aurais pu les poursuivre en justice mais quand j’ai comparé l’argent qu’il me faudrait pour un procès et le prix de l’option, c’était finalement moins cher de l’acheter.

 

téléchargementTu filmes et réalise toi-même les visuels de Rhye qui, pour la plupart, mettent en scène ta compagne Geneviève. Penses-tu qu’un artiste doit nécessairement avoir une muse ?

Je ne sais pas… Je pense que chaque artiste a son propre mode de fonctionnement. Personnellement, je n’ai pas de besoin de muse. Je peux faire de la musique en m’inspirant de tout ce qui m’arrive dans la vie. Il n’y a pas de règle prédéfinie. La seule chose dont on a finalement besoin c’est de soi-même.

 As-tu également chorégraphié les prochains concerts ?

Je ne dirais pas “chorégraphié” car il n’y a pas de danse ou de mouvements mais j’ai réfléchi au concept en effet. J’ai travaillé dessus avec mes musiciens qui sont hyper talentueux et j’ai essayé de les mettre à l’honneur. C’est vraiment une fierté d’être entouré d’artistes aussi doués.

Je me rappelle très bien de ton concert au Pitchfork Music Festival en 2015, il y avait un jeu d’ombres et de lumières.

Je ne peux pas utiliser de lumières vives. Quand j’étais jeune, j’ai développé une forme intense de synesthésie et je ne supporte plus les flashs depuis.

 

Nous avons déjà brièvement mentionné ta compagne, Geneviève Medow Jenkins. En creusant un peu sur internet, j’ai découvert qu’elle était la fondatrice d’Ambient Music For The Secular Sabbath, un projet mondial ayant pour but de réunir les gens autour d’une soirée/expérience multisensorielle et fédératrice. Tu as d’ailleurs participé à une de ces expériences au côté de Ry X et Lo Fang au Laguna Beach. Comment s’est déroulée cette soirée ?

C’était une soirée vraiment géniale ! J’ai adoré la prestation de Mat [Lo Fang] au violoncelle. Il a chanté, dansé, c’est un super danseur !  Il était accompagné de deux incroyables danseuses. Ry X est aussi un artiste incroyable. Ce sont tous les deux de très bons amis ! J’ai profité de l’occasion pour leur proposer de me rejoindre et on a donc chanté tous les trois, sans micro, en marchant au milieu du public qui était allongé au sol. C’est une expérience unique !

Vous devriez proposer une soirée de ce type sur Paris !

On aimerait beaucoup, il faut juste trouver le lieu idéal !

 

Je te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles de chansons connues et tu les compléteras avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … a dragon, which is a camera! – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… un dragon, c’est une caméra !

When I find myself in times of trouble … I silence myself and I press myself into a creative mood. – Quand je suis dans une mauvaise passe… je réprime ce sentiment et me met en mode créatif.

If you wanna be my lover you gotta … give. – Si tu veux sortir avec moi tu dois… donner.

I’m up all night to … it’s ok, I’ll cry with you. – Je reste éveillé toute la nuit pour… ça va aller, je pleurerai avec toi.

I can’t live if living is without … foods that nurture, bring and give love. Je ne peux pas vivre sans… des mets qui nourrissent, apportent et donnent de l’amour.

But we are living in a material world and I am … not a material guy! Mais nous vivons dans un monde matérialisete et je … ne suis pas un mec matérialiste !

You gotta fight for your right to … live. – Tu dois te battre pour ton droit à… vivre.

RHYE

NB : Initialement prévu le 23 mars au Trabendo, le concert de Rhye est déplacé à l’Elysée Montmartre.

Sophie

 

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