InterviewPuma Blue

Programmé en ouverture de l’Avant-Garde du Pitchfork Music Festival, Puma Blue était probablement l’une des surprises de cette édition 2017. Il faut dire que le jeune londonien se fait encore très discret outre-Manche et c’est dans la salle exiguë du Supersonic qu’il se produisait ce soir-là pour la première fois en France. Lumières feutrées, chant intimiste et compositions inspirées du jazz, le jeune crooner nous a livré ses peines de cœur mais c’est finalement le nôtre qui a chaviré en quelques minutes.

Avant de le retrouver le 16/04 au Pop-Up du Label, je te propose de découvrir Puma Blue à travers l’interview qu’il nous a offert quelques minutes avant son set.

Photos : Michela Cuccagna

Click here for the English version.

 

Tu t’apprêtes à jouer sur une scène parisienne pour la première fois.

C’est mon premier concert en Europe ! J’ai déjà joué en Angleterre avec mon groupe mais l’Europe, c’est encore mieux ! (Rires)

Et que représente notre ville pour toi ?  

Je sais, c’est un peu ridicule et cliché mais pour moi Paris est la ville de l’amour ! C’est une ville tellement magnifique ! Il y a de la bonne musique, du bon vin ! (rires)

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Puma Blue fait plus mystérieux que Jacob Allen, ton vrai nom. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer l’origine de ton nom de scène ?

Alors, je m’appelle Jacob mais je préfère utiliser le nom Puma Blue. J’avais envie de rendre hommage à cette tradition d’artistes de blues qui se produisaient sur scène en utilisant des noms de super-héros comme Muddy Waters ou Howlin Wolf. Ces noms de scènes étaient magiques, quasi mythiques. J’ai pensé qu’un tel nom pourrait m’aider et que cela me permettrait également d’être une autre personne. J’adore la couleur bleue et sa référence à l’eau et puis le bleu est incontestablement une des couleurs du jazz. Puma est venu assez vite après, je ne sais pas vraiment pourquoi. J’avais en tête cette idée d’une vieux chat sauvage, usé par le temps, assis à un bar. Si je devais me décrire en quelques mots, je dirais que je suis un musicien du sud de Londres qui fait du mieux qu’il peut pour s’en sortir ! (Rires)

 

Il y a quelques jours, tu as tweeté “Not a jazz artist”.

Oui ! (rires)

Cette comparaison est-elle vraiment si dérangeante ?

Ça ne me dérange pas que les gens reconnaissent l’influence du jazz sur ma musique, je ne m’en cache pas. J’adore le jazz et j’essaie de rendre hommage aux grands noms du jazz mais en même temps, je ne veux pas être catalogué comme un artiste jazz car ce n’est pas ce que représente ma musique. Ça peut être dangereux d’être rangé dans une certaine case, d’autant plus qu’en tant qu’artiste, j’ai envie de me diversifier et je pense que beaucoup trop de personnes ont déjà associé Puma Blue à du jazz. Je pense que ma musique est plus complexe que cela mais je n’étais pas vraiment en colère. C’était plus une blague.

 

Ton premier EP Swum Baby est sortie en juin. Il aborde les thèmes du désir, de la solitude, des peines de cœur et de l’amour fou. L’amour n’est pas une chose aisée pour toi !

A vrai dire, elle l’a été. Ces deux dernières années, j’ai vécu une très belle relation qui est à présent terminée mais j’ai découvert en quelque sorte que l’amour pouvait être facile même quand c’est difficile. Quand on est un mec bizarre comme moi, on doit trouver d’autres excentriques. J’ai grandi en tombant amoureux des mauvaises personnes qui ne m’appréciaient peut-être pas toujours pour ce que j’étais. Et puis, j’en fais souvent trop ! Je suis très romantique donc si je suis blessé, j’ai du mal à m’en remettre.

 

Sur le titre (She’s) Just A Phase, tu chantes “She’s easy to replace” et j’ai pensé à Dry Your Eyes de The Streets. Mike Skinner disait “There’s plenty more fish in the sea” [Une de perdue, dix de retrouvée], as-tu réussi à tourner la page ?

J’adore The Streets ! Si j’ai tourné la page ? C’était une amie, c’était ça le problème ! Je suis tombé amoureux et je me suis rendue compte que ça n’allait pas marcher. Au lieu de déprimer encore une fois, je me suis dit que je n’avais qu’à me persuader que tout irait bien, que cette fille était juste une phase. Bien entendu, c’était sarcastique, “she’s easy to replace”… bien sûr que non ! Elle n’était pas facile à remplacer, elle est géniale ! Il faut pourtant se relever et c’était ma manière de me remonter le moral.

 

J’ai vu quelques vidéos de tes concerts et tu portes souvent un costume.

Parfois, si j’en ai envie. J’ai acheté une veste aujourd’hui, je la porterai peut-être mais pour être honnête je suis trop bien dans mon pull. J’enfilerai peut-être juste la veste, histoire de m’habiller un peu !

Tu ne te déguiseras pas ? Tu sais que c’est Halloween !

Oh! Hum… j’aurais dû amener mon costume de squelette ! (Rires)

 

Tu as assuré la première partie de Nick Hakim pour certaines dates. Seras-tu au Café de la Danse demain pour le voir ?

Bien entendu, c’est un mec vraiment adorable !

As-tu prévu de voir d’autres concerts ?

Je veux vraiment voir un mec qui s’appelle Obongjayar et qui joue également ce soir [le concert a finalement été annulé]. C’est un artiste génial qui vient de Londres et sa musique est un mélange de spoken word et de… je ne sais pas trop comment décrire son univers en fait !

 

A quoi pouvons-nous nous attendre pour 2018 ?

Je vais arrêter la musique et devenir pêcheur ! (Rires) Non, je vais sortir un autre EP et quelques singles. J’aime tellement les albums que j’aimerais que le mien soit parfait donc je vais prendre mon temps. Je pense qu’il sera fini d’ici la fin de l’année mais je le sortirai plus tard.

 

Je te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles de chansons connues et tu les compléteras avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … peace of mind.Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… la sérénité !

When I find myself in times of trouble … I listen to Jeff Buckley.Quand je suis dans une mauvaise passe… j’écoute Jeff Buckley.

if you wanna be my lover you gotta … get with my friends. That’s a timeless lyric!Si tu veux sortir avec moi tu dois… bien t’entendre avec mes amis, c’est un classique !

I’m up all night to … get moody!Je reste éveillé toute la nuit pour… être morose.

I can’t live if living is without … sounds. –  Je ne peux pas vivre sans… sons.

But we are living in a material world and I am a… grateful. Mais nous vivons dans un monde matérialisete et je suis … reconnaissant.

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself … “Am I doing everything I can?” –  Je ne vois aucun changement, je me lève le matin et je me demande… « Est-ce que je fais tout mon possible ? »

You gotta fight for your right to … be unique, not be a copycat.Tu dois te battre pour ton droit à… être unique, ne pas être un imitateur.

 

Sophie

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