Interview(Sandy) Alex G

Après le rush de fin d’année et l’indigestion des fêtes, c’est en musique avec l’interview de (Sandy) Alex G que je te propose de commencer la nouvelle année!

Rencontré il y a deux mois dans le cadre de l’Avant-Garde du Pitchfork Music Festival, l’autodidacte américain avait accepté de nous rencontrer la photographe Michela Cuccagna et moi-même peu de temps avant son set au Café de la Danse. L’occasion de revenir sur la conception de Rocket, son 8ème album sorti en mai chez Domino Records mais également sur sa conception de l’écriture et sa ville natale, Philadelphie.

Click here for the English version.

 

Ce n’est pas la première fois que tu viens à Paris, n’est-ce pas ?

Oui, nous sommes déjà venus quelques fois.

Et quel est ton meilleur souvenir de notre capitale ?

Probablement notre premier concert sur Paris. Nous avons joué dans une salle qui s’appelle Le Pop-Up du Label. C’était génial parce que les gens en charge de la salle nous avaient offert un super repas, j’ai goûté à chaque dessert du menu… c’était vraiment bon !

 

Tu as déjà sorti 8 albums en 7 ou 8 ans…

Oui, dans ces eaux-là. Pour être honnête, j’ai un peu perdu le fil parce que les premiers albums ne sont pas sortis officiellement. J’ai fait ces albums sans pression, j’enregistrais tout le temps de la musique sur mon temps libre et je la mettais en ligne sans vraiment y penser.

Et après tout ce temps, tu es toujours réticent à travailler en studio ?

J’ai des réticences en effet parce que je ne veux pas abandonner… J’aime pouvoir tout contrôler quand j’enregistre de la musique et si je vais en studio, il faudrait le louer à l’heure et je mettrais tellement de temps que ça ne marcherait pas. Ça me coûterait une fortune !

 

Je sais que tu n’aimes pas trop les interviews même si en tu fais… merci d’ailleurs d’avoir accepté de me rencontrer ! Sur quel point es-tu prêt à ne faire aucune concession ?

La musique en elle-même. Je n’accepterai jamais que l’on me dise que je ne peux pas faire quelque chose musicalement parlant. Si je pense que c’est bon, je peux y arriver. Tu vois ce que je veux dire ?

Tu veux parler de ta liberté artistique ?

Oui, c’est ça.

 

Tu écris des chansons centrées sur des personnages. Penses-tu que ce soit le meilleur moyen de ne pas être trop personnel et, d’une certaine manière, de garder un certain mystère ?

Exactement, c’est une façon d’être personnel sans vraiment l’être. Je ne sais pas si cela garde un certain mystère. J’espère que celui-ci est inhérent à la musique, qu’il y ait des personnages ou non. Je reste toujours assez vague dans mes textes.

A ton avis, quelle est la différence principale entre un écrivain et un parolier ?

En tant que parolier, j’ai plus de place pour être impressionniste. Les choses peuvent ne pas être claires car la musique portera l’histoire. Un écrivain doit construire un univers en utilisant uniquement des mots.

 

Lequel des personnages de Rocket est ton préféré ?

C’est une question difficile, je les aime tous.  En revanche, je pense que la chanson dont je suis le plus fier est Guilty qui clôt l’album. J’ai l’impression que les mots s’enchaînent vraiment bien. Ce n’est pas tant le personnage mais juste la structure des mots et la mélodie.

 

On peut dire que Rocket est le fruit d’un travail familial puisque ton frère et ta petite-amie t’ont aidé pour cet album.

Tout à fait, ma sœur a aussi peint la pochette de l’album et mon ami Sam joue de la guitare sur la chanson County.

Et tes parents?

(Rires) Je ne sais pas s’ils veulent participer à mes albums mais peut-être un jour! Ma mère peint également quand elle a un peu de temps donc possible qu’elle s’occupe d’une prochaine pochette. Je fais toujours appel à ma sœur car nous avons toujours été sur la même longueur d’onde.

 

Nous sommes le soir d’Halloween et quelques artistes ont déjà profité de l’occasion pour venir déguisés lors des éditions précédentes du Pitchfork Music Festival. Nous as-tu réservé une surprise ?

Oh non, nous n’avons rien prévu.

Dommage ! Quel a été ton meilleur costume d’Halloween ?

J’étais Batman quand j’étais petit. En fait, j’étais Batman cinq années d’affilée ! (Rires) J’adorais ce personage, je pensais qu’il était trop cool. Je ne me suis plus vraiment déguisé après ça sauf en Zorro une fois. Je crois que c’est mon dernier costume.

 

J’ai interviewé pas mal d’artistes américains mais tu es le premier à être originaire de Philadelphie. Pourrais-tu me parler de la scène musicale là-bas ?

Alors…c’était facile de faire de la musique en grandissant à Philadelphie. Il y avait beaucoup de scène undergrounds, par exemple des gens organisaient des concerts dans leur sous-sol. Il y a une université qui s’appelle Temple et tous les étudiants faisaient de la musique. J’ai passé mon adolescence à monter des groupes et à faire des concerts sauvages avec des amis. C’était une bonne façon de s’habituer à jouer en live et c’était aussi hyper motivant. Je faisais de la musique car je savais qu’il y aurait un public, même restreint. Je ne pense pas que j’aurais été capable de faire la même chose ailleurs.

As-tu déjà songé à déménager ? 

J’y ai pensé mais ça n’arrivera jamais… bon, je ne devrais peut-être pas dire jamais !

Et si tu devais me recommander des artistes de Philadelphie ?

Il y a ce mec qui s’appelle Brandon Can’t Dance qui vient de Philly. J’ai grandi en écoutant sa musique et on a déjà joué quelques concerts ensemble. J’ai toujours adoré ce qu’il faisait. Et puis, il y a le batteur de mon groupe ce soir, Tom, qui a un groupe qui s’appelle Pet. Je ne sais pas s’ils ont déjà sorti quelque chose mais ils sont bons !

 

Tu as collaboré au nouvel album de Porches sur lequel on retrouve également Dev Hynes. Domino est une famille soudée !

Oui, Porches sont géniaux ! Nous sommes partis en tournée avec eux au printemps dernier et nous nous sommes vraiment rapprochés donc je suis allé les voir à New York pour passer un peu de temps ensemble et enregistrer.

 

Je te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles de chansons connues et tu les compléteras avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … a pony!  – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… un poney !

When I find myself in times of trouble … I call a friend. – Quand je suis dans une mauvaise passe… j’appelle un ami.

If you wanna be my lover you gotta … like food! – Si tu veux sortir avec moi tu dois… aimer manger !

I’m up all night to … watch YouTube. – Je reste éveillé toute la nuit pour… regarder YouTube.

I can’t live if living is without … McDonald’s! – Je ne peux pas vivre sans… McDonald’s !

But we are living in a material world and I am a … material boy! – Mais nous vivons dans un monde matérialisete et je suis un… garçon matérialiste !

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself … “Do I have to get up?” – Je ne vois aucun changement, je me lève le matin et je me demande… « est-ce que je dois me lever ? »

You gotta fight for your right to … have a new president! – Tu dois te battre pour ton droit à… avoir un nouveau président !

Sophie

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