InterviewOtzeki

[Interview initialement publiée sur www.lesconnardsenrayban.fr en février 2017]

La famille c’est sacré et ce n’est pas le duo Otzeki qui devrait me contredire! Composé des cousins Joel et Mike, ce duo anglais en est encore à ses débuts avec seulement un EP à leur actif mais je suis prête à parier gros sur leur réussite future et je ne suis visiblement pas la seule puisque le groupe est déjà programmé au Printemps de Bourges et à Live At Leeds!  Leur première date parisienne en novembre ayant eu un vif succès, le duo est revenu sur la capitale la semaine dernière pour un concert aux Etoiles et un passage à France Inter. L’occasion pour la photographe Sophie Jarry et moi-même d’en savoir plus sur les deux cousins qui nous ont révélé au cours de l’après-midi être fans d’architecture, d’électro roumaine ou de John Martyn dont ils reprennent justement le titre Bless The Weather en live.

 

Click here for the English version.

 

Pouvez-vous commencer par nous révéler l’origine de votre nom de scène, Otzeki.

Joel : C’est un mot que nous avons inventé.

Mike : C’est toi la prof de langues, dis-nous d’où il vient ! (rires)

Ce n’est pas de l’anglais !

Mike : c’est une combinaison de lettres que nous avons associées, ça sonne un peu grec.

 

Vous êtes cousins. Est-ce que votre famille est musicale ou bien la musique était juste un centre d’intérêt commun, au même titre que le football ?

Joel : Oui, c’est plutôt une passion commune. Notre famille n’est pas spécialement très portée sur la musique.

Mike : Notre grand-père jouait du piano mais c’est tout.

Quel est le premier concert que vous ayez vu ensemble ?

Mike : Nous ne sommes jamais allés à un concert ensemble, juste dans des clubs.

Joel : Le premier club que nous ayons fait est le Fabric, c’était pour ton anniversaire.

 

J’ai l’impression que la spiritualité et les rêves sont un thème récurrent dans vos chansons.  

Mike : Si je ne me trompe pas le terme « esprit » signifie « un souffle », une chose invisible mais qui peut être ressentie. Je pense que les mots ont également cette dimension incorporelle. Nous rêvons tous et si ce n’est pas le cas nous perdons cette capacité à comprendre notre imagination, à comprendre toutes les choses non physiques qui font de nous ce que nous sommes.

 

« You’re always on your own », « I’m already dead », « No hope in hell »… vous n’êtes pas de grands optimistes !

Mike : Tout dépend du contexte. Je trouve que nos chansons sont plutôt drôles, tout dépend la perspective envisagée.  « Falling out is easy in God’s eyes » puis  «Hard-core pornography, made us feel useless », c’est juste une juxtaposition plutôt idiote car les deux idées coexistent dans le même monde. Dans un supermarché on trouvera à la fois des marshmallows et des conserves d’haricots mais ils ont des goûts différents ! (rires)

 

Vous n’avez pas encore sorti votre premier album mais vous avez déjà votre propre label, Discophorus. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, était-ce l’idée ?

Joel : Oui et aussi d’apprendre comme tout se déroule.

Mike : L’idée était de pouvoir aider nos amis et d’autres artistes mais pour l’instant nous sommes les seuls sur ce label. C’est important de découvrir comment on fonctionne en tant qu’artiste pour mieux comprendre le futur de l’industrie musicale. Beaucoup de labels influents aujourd’hui ont été créés par des gens qui avaient alors notre âge et faisaient la même chose que nous.

 

J’étais présente au Point Éphémère pour votre premier concert parisien. Mike, tu as commencé ce concert en chemise pour finalement finir torse nu avec ta ceinture à la main ! Est-ce ta manière de perdre le contrôle [(Losing) Touch, qui est aussi un des titres du groupe] ?

Mike : Non, pas vraiment, c’est une façon pour moi d’être libre d’une certaine façon.

Tu ne le fais donc pas à chaque concert ?

Mike : Je fais ça dans ma chambre !

Tu es aussi souvent descendu parmi le public.

Mike : J’aime bien être au milieu du public car pour moi il n’y a pas vraiment de différence entre le fait d’être sur scène ou dans le public. Il n’y a pas de barrière.

C’est donc pour cela que tu es aussi allé au bar chercher ta propre pinte pendant le set !

Mike : Nous n’avons jamais été en concert ensemble mais nous nous rappelons très bien de notre première soirée dans un club et je pense que c’est pareil. Si tu joues de la musique mais que ta manière d’appréhender cette musique implique un environnement communautaire, tu voudras forcément tenter de recréer cet environnement pour que tout le monde se sente à l’aise. Je n’aime pas l’idée de jouer sur scène pendant que d’autres personnes ne prennent pas part au show. Dès que l’on partage quelque chose et que le public devient partie intégrante de cette expérience, on perd ses inhibitions et on a davantage l’impression d’offrir quelque chose plutôt que de simplement jouer un concert.

 

Vous êtes programmés au Printemps de Bourges en avril, quelle est la suite de votre actualité pour les mois à venir ?

Joel : Nous avons sorti une nouvelle chanson aujourd’hui et plusieurs sessions radio sont déjà prévues.

Et en ce qui concerne votre premier album ?

Joel : On le sortira peut-être avant la fin de l’année !

 

Je vous propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais vous donner des débuts de paroles de chansons connues et vous les compléterez avec vos propres mots.

All I want for Christmas is … a Bar Mitzvah. (Mike) – Tout ce que je veux pour Noël c’est… une Bar Mitzvah.

When I find myself in times of trouble …. I have a whisky. (Joel) – Quand je suis dans une mauvaise passe… je bois un whisky.

If you wanna be my lover you gotta …get with my friends. I like the original ! (Mike) – Si tu veux sortir avec moi tu dois… t’entendre avec mes amis. J’aime bien l’original.

I’m up all night to … Michael Jackson. (Joel) – Je reste éveillé toute la nuit pour … Michael Jackson.

I can’t live if living is without … potatoes. (Mike) – Je ne peux pas vivre sans… pommes de terre.

But we are living in a material world and I am… just a man. (Joel) – Mais nous vivons dans un monde matérialiste et je suis …. juste un homme.

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself… « Am I a man ? » (Mike) – Je ne vois aucun changement. Je me lève le matin et me demande… « Suis-je un homme ? »

You gotta fight for your right to … moisturise ! (Joel) –  Tu dois te battre pour ton droit à … t’hydrater. 

Mes remerciements à Joel et Mike d’Otzeki, à Charlie leur tour manager pour avoir organisé cette rencontre ainsi qu’à la photographe Sophie Jarry pour l’avoir immortalisée.

Sophie

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